09.04.2008
Adresse à nos amis Radicaux, Démocrates et Libéraux (par le blog du démocrate)
Ci-dessous, un billet publié par JP sur le Blog du Démocrate auquel j'adhère complètement.
Soyons honnêtes quelques instants : qu’est ce qui fait que nous, démocrates, radicaux, libéraux, démocrates-chrétiens, soyons séparés ? Qu’est ce qui nous rapprocherait, qu’est ce qui nous sépare ?
Pensée politique
Concernant la société, la Démocratie, la République, je ne connais pas de thème qui nous sépare ou nous distingue : attachement à l’Etat républicain, décentralisation et autonomie régionale, éducation et santé pour tous, égalité des chances, égalité des droits, Europe, exigence environnementale, Humanisme (cf. article de Christophe), justice sociale, liberté de pensée et d’être, liberté économique et Etat régulateur, laïcité, valeurs républicaines, représentation démocratique, etc.
J’insiste, je ne connais pas de thèmes, de valeurs qui nous séparent.
Et franchement, je ne vois pas ce qui pourrait nous séparer dans un programme politique…
Partis politiques
Par contre, nous sommes éparpillés dans plusieurs formations. La question n’est pas pour moi de discuter des responsabilités des uns et des autres. Nous sommes au MoDem, au Parti Radical Valoisien, au Nouveau Centre, à l’UMP.
C’est le bordel…
Mais je vous pose la question : amis Radicaux, êtes-vous heureux d’être dépendants de l’UMP ? Acceptez-vous que N. Sarkozy vous interdisent votre indépendance ? Pour ceux qui sont directement dans l’UMP, acceptez vous que les ¾ des cadres de ce parti soient des anciens RPR ? N’êtes vous pas frustrés de voir toutes vos propositions remises aux « calendes grecques », n’avez-vous pas l’impression d’être instrumentalisés par les RPR de l’UMP ? Vous qui êtes liés à l’UMP : ne ressentez-vous pas être en « terre étrangère » avec ce parti ? Pour le MoDem, vous contentez vous de ne pratiquement plus avoir de représentants ? Etes-vous prêts au MoDem à une alliance avec le PS actuel, voire avec le PC ? L’existence des Démocrates se limite-elle à celle de François Bayrou ?
En fait, la question qui divise, c’est la « stratégie » d’existence : doit-on obligatoirement s’allier avec l’UMP ? Comment être indépendants avec la règle du scrutin majoritaire ? Doit-on avoir notre propre candidat(e) aux élections présidentielles ?
Autre vérité : la question des personnes… Les uns ne veulent absolument pas être dirigés par F. Bayrou, les autres voient en lui le seul capable d’incarner nos valeurs et indépendance. Mais la plupart des « personnalités » pensent d’abord à leur « carrière » politique…
Pourtant, j’ai autant d’estime pour F. Bayrou (et beaucoup, je dois le reconnaître) et J-L Borloo, J-C Lagarde et J-L Benhamias, C de Courson et M de Sarnez, C. Lepage et R. Donnedieu de Vabres, A. Begag et J-L Bourlanges, J. Peyrelevade et S. Lepeltier, L. Hénart et P. Méhaignerie, etc.
Et je plains les « ministres d’ouverture » qui portent le fardeau d’un autre…
Dernière vérité : il s’est créé un véritable électorat « démocrate », tournant autour de 15 % des voix ad minima. Sociologiquement, cet électorat est particulièrement cohérent : classes moyennes, actifs et jeunes. Cet électorat n’a pas ou plus confiance dans le PS actuel, jugé irresponsable concernant les questions nationales. Il se sent de même étranger à l’UMP, sa sociologie, son conservatisme.
Nous nous retrouvons donc séparés, avec des leaders ou personnalités au Parti Radical, de nombreux élus au NC, de grandes intelligences marginalisées à l’UMP, la masse militante et un grand leader (et de rares personnalités) au MoDem. Si vous réunissez des adhérents de ces différentes « formules » de démocrates, vous ne constaterez aucune différence. Si vous assemblez ces différentes personnalités, aucun parti ou adversaire ne peut les battre.
En restant séparés, nous alourdissons le bipartisme UMP/PS, rejeté par les Français. Nous laissons la France dans une voie sans issue où ces formations, dépendantes de corporations et clientèles, sont incapables de mettre en place une politique économique sérieuse, de réformer l’Etat, de s’engager pour l’Europe, d’engager la France dans une politique de l’avenir se fondant sur l’éducation, la recherche, la famille, l’Europe, l’environnement.
Sommes-nous condamnés à nous diviser sur le secondaire alors que notre identité politique, la question principale, nos valeurs, sujet essentielle, sont les mêmes ?
15:15 Publié dans Débats | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : centre, démocrate, radical, libéral, fédération, union
03.04.2008
Pour un vrai centre
Je rebondis - trop rapidement - sur quelques contributions récentes qui émergent tranquillement sur la blogosphère, en particulier chez KaG, chez Sébastien Pereira et chez Raphaël Tassin qui font écho au Manifeste pour un vrai centre (Manifeste pour un vrai centre.doc) de Thierry Cornillet.
Oui à une fédération des centres ! Et vous, vous en pensez quoi ?
18:08 Publié dans Débats | Lien permanent | Commentaires (23) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : centre, fédération, modem, udf
31.03.2008
Ministre cumulard = Pollueur
C'est un raccourci auquel je ne résiste pas depuis la lecture de cet article sur Bétapolitique !
10:49 Publié dans Débats | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cumul, environnement
22.03.2008
Mai 68 : ça ne fait que commencer
Luc avait déjà exprimé son avis sur le sujet dans cette note qui avait démontré qu'on ne peut pas s'attaquer aux soixante-huitards sans être taxé de réac. Merci Sarko !
Je souscris à tout ce que dit Luc sur le sujet (je crois que c'est mon idole :D)
"Certes je ne conteste pas certains bienfaits de Mai 68. Mais plus comme un déclencheur que comme un moyen. Mai 68 a permis de faire évoluer les mœurs et la société, comme le droit à la sexualité, le droit à la contraception, le féminisme, la droit à l'avortement, plus tard l'abolition de la peine de mort etc. Et surtout la fin de la société "vieille France" où il n'était pas bon d'être en dehors du chemin que le père de famille avait tracé pour sa famille.
Mais au-delà de ces progrès considérables, qu'ont apporté les soixante-huitards à la France ? Que sont leurs idéaux devenus ? Que font-ils désormais pour la France ? Pire encore, alors qu'en 68 le salaire moyen des aînés était trois fois supérieur à celui de la jeune génération, ce même rapport est aujourd'hui de cinq fois supérieur. Toute cette génération des post-mai 68 qui nous confisque, nous les moins de 35 ans, le droit à l'épanouissement. Tous ces vieux rebelles de pacotille qui s'accrochent aux rochers du pouvoir et de l'argent. Tous soliloquant sur le "c'était mieux avant", les yeux brillant du souvenir de leurs partouzes de jeunesse, aujourd'hui conformistes dans le divorce puis remariage avec maîtresses."
Oui ce c'était mieux avant, je n'en peux déjà plus alors que nous ne sommes qu'en mars. Mais quand vont-ils arrêter de s'accrocher à ce passé glorieux ? Cela me fait penser à l'excellent essai de Laurent Guimier et Nicolas Charbonneau "Génération 69"qui raille les papy boomers qui refusent de laisser un peu de place à leurs enfants qui en ont "assez de devoir assumer, sans pouvoir le contester, l'héritage pas toujours flamboyant des héros grisonnants, du Grand soir de Mai."
Edit : Allez voir le blog de FRAP qui commence à bien se lacher sur le sujet !
13:19 Publié dans Débats | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mai 68, commémoration
20.11.2007
Non au cumul des mandats
Venez signer la pétition contre le cumul des mandats ! Ici
Parmi les signataires : Christophe Girard, Christophe Grébert, Laure Leforestier, Pierre Catalan, Luc Mandret ...
J'aurai bien aimé que François Bayrou la signe ! :-/
12:45 Publié dans Débats | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : cumul mandats
06.11.2007
De l'engagement des femmes en politique
Suite à la création d'un groupe sur Facebook, je me suis décidée à écrire une note sur un sujet qui me parle on ne peut mieux : la présence des femmes en politique ou, devrais-je dire, la trop faible visibilité des femmes en politique.
A l'époque de la loi sur la parité du 7 juin 2000, je me sentais totalement concernée : je venais de prendre ma carte à l'UDF et ma mère, première adjointe d'une commune de Loire-Atlantique, décidait de conduire une liste sans étiquette aux élections municipales de 2001 [La liste obtint 28% des voix contre 40% pour la liste de gauche et 32% pour la liste de droite. Elle décida de se retirer sans consigne de vote]
Pour être tout à fait honnête, cette loi, c'est-à-dire imposant la présence de femmes sur des listes, non pas pour leurs compétences mais pour leur genre, me semblait - et me semble - être une aberration.
Je comprenais bien l'intention des instigateurs/trices : faire en sorte que la vie politique française ne soit plus ce mauvais élève où les femmes sont sous représentées. Je vous épargnerai ici l'historique exhaustif de l'indispensable combat mené pour la reconnaissance des droits des femmes, d'Olympe de Gouges au Manifeste des 10 pour la parité.
Mais je crois que finalement le problème a été posé à l'envers : on s'est attaqué à la représentation des femmes alors que le problème principal est le trop faible engagement des femmes. Cela n'a rien résolu, preuve en est bien des listes aux élections municipales ont eu des difficultés à se constituer en 2001 et en auront presque tout autant en 2008.
Une question se poste à ce stade : pourquoi les femmes s'engagent-elles si peu en politique ? En écrivant cette phrase, je me demande si la question n'est pas réversible : pourquoi la politique n'attire pas les femmes ?
En effet, l'engagement des femmes est bien réel : il est professionnel, même si là aussi il y aurait beaucoup de choses à dire, mais aussi associatif...les femmes ont investi depuis longtemps cet espace (associations culturelles, à vocation sociale, de quartier, sportives...)
Ma réflexion et ma petite expérience me poussent à croire que c'est bien là que le bât blesse : la vie politique n'est pas "naturelle" pour une femme. Sans doute parce qu'ayant trop longtemps été l'apanage des hommes, elle est elle-même très masculine voire machiste : coups en dessous de la ceinture, blagues salaces, et j'en passe...
...je suis à peu près de ne pas me tromper en disant que toute femme ayant fréquenté une assemblée délibérante sait ce dont il est question...mais je crois bien en avoir parlé il y a peu.
La vie politique est telle qu'une femme politique pour réussir à un poste de responsabilité devait (doit ?) prendre les attributs masculins (ex.: Margaret Thatcher, Micèle Alliot-Marie, Condoleeza Rice).
Voilà, ce constat fait, ces questions posées, reste à savoir ce que l'on peut faire pour changer les choses... Je pense que cette solution ne peut venir que des femmes qui sont déjà engagées - qu'elles soient élues, dirigeantes de partis, militantes, nouvelles ou anciennes adhérentes - de persister dans leurs engagements, de ne pas avoir peur de "l'ouvrir", d'avoir confiance en son potentiel, d'être solidaires, de rester elles-mêmes pour qu'enfin les femmes en politique ne soient pas forcées de ressembler à un homme mais plutôt pour que nous apportions un peu plus de finesse dans un monde de brutes ! :-D
A NOUS DONC DE JOUER...
17:00 Publié dans Débats | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : femme, politique, engagement, parité, olympe de gouges, modem
07.08.2007
Cannabis et hypocrisie
En voilà un sujet qui fait polémique...et bien je vais m'en emparer !
Dominique Voynet, dans un interview accordé à Libération le 7 août 2007, a réaffirmé la position des Verts sur la légalisation du cannabis.
Restez-vous toujours favorable à la légalisation du cannabis ?
La position des Verts a toujours été en faveur d’une légalisation contrôlée du cannabis. La politique actuelle de prohibition nous paraît hypocrite et inefficace. Hypocrite car elle ne tient pas compte des millions de consommateurs en France, occasionnels ou réguliers. Et surtout inefficace parce qu’elle fait l’impasse sur une véritable politique de prévention en matière de santé publique.
En quoi la légalisation du cannabis permettrait de faire davantage de prévention sur les dangers de sa consommation ?
La légalisation contrôlée ne signifie pas du tout l’encouragement à l’usage. Cela aiderait surtout à lever certains tabous afin de mener une politique de prévention plus juste. En effet, si le cannabis était considéré comme une drogue légale, au même titre que l’alcool ou le tabac, on pourrait avertir plus clairement sur les dangers, les problèmes respiratoires par exemple, ou dire : «Attention, si vous êtes fragiles psychologiquement, vous êtes plus exposés à des troubles en fumant un joint.»
Actuellement les campagnes de prévention ne touchent pas leur cible et les jeunes ont l’impression d’entendre un message totalement décalé par rapport à la réalité. Si vous interdisez simplement et si vous n’expliquez rien, les lycéens, par exemple, continueront à fumer des joints entre les cours. Il vaut mieux les faire réfléchir sur leurs pratiques, leur dire de réserver ce produit à un usage seulement récréatif, hors de la sphère des études ou du travail. Il faut aussi informer les jeunes sur les risques de la consommation de cannabis avant de prendre le volant.
Pourquoi ne pas seulement proposer la dépénalisation du cannabis ?
Parce que la dépénalisation n’empêcherait pas cette économie souterraine et parallèle. S’il ne légalise pas, l’Etat n’a aucune prise sur les trafics et la composition des produits qui circulent. Car le mode de production actuel n’a plus rien à voir avec celui du baba cool qui faisait pousser quelques plants de chanvre sur son balcon. Maintenant, il s’agit de cultures «industrielles» avec un éclairage artificiel servant à enrichir la plante en THC [substance contenue dans le cannabis qui agit au niveau du cerveau, ndlr]. Alors que s’il assumait la responsabilité de la légalisation, l’Etat pourrait notamment avoir un encadrement sur les concentrations en THC de ces produits.
A titre tout à fait personnel, je suis entièrement d'accord avec ce qui est dit dans cet interview.
En premier lieu, la pénalisation de la consommation de cannabis est une manière pour l'Etat de pratiquer la politique de l'autruche et est symptomatique de la droite de Monsieur Sarkozy : la sanction sans prévention.
Comme le dit Madame Voynet, cette hypocrisie empêche toute politique de santé publique : comment parler à des ados, en classe par exemple, sans tabou, d'un produit interdit ?
Ensuite, la légalisation permettrait d'avoir un contrôle sur le marché et d'éviter aux consommateurs de fumer du cannabis hautement toxique. Effectivement, ce qui circule aujourd'hui est très élevé en THC et parfois coupé avec bien autre chose que du cannabis (ex.:mort aux rats).
Pour éviter les remarques, je précise que je ne fais pas ici l'apologie du cannabis. D'ailleurs, à titre personnel, je n'ai jamais trouvé génial d'en fumer : il s'agit simplement d'en finir avec cette hypocrisie.
20:10 Publié dans Débats | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : Cannabis, verts, voynet, sarkozy, modem, udf, bayrou
31.07.2007
Absentéisme parlementaire
Guy Carcassonne, membre du comité de réflexion sur la réforme des institutions, professeur des universités en droit public (Nanterre et Science po), a proposé, le 23 juillet dernier sur France inter, d'appliquer une sanction financière aux députés qui qui ne seraient pas présents en session parlementaire au moins deux jours par semaine.
Ainsi, il estime qu' "avec les moyens électroniques dont on dispose aujourd’hui, les députés peuvent parfaitement et facilement être badgés, cela existe dans tout un tas d’entreprises, et ceux qui ne seront pas présents deux jours par semaine en session, bien sûr devront avoir des retenues sur salaires significatives", d'autant que cette sanction existe dans le réglement de l'Assemblée depuis 1948 !!!!
- Selon l’article 42, l’absence d’un député en commission ne peut être justifiée que par un "empêchement insurmontable". Si un député a été absent à plus d’un tiers des séances, la sanction est sa "démission" de la commission.
- Pour les séances publiques, l’article 162 prévoit que "les députés peuvent s’excuser de ne pouvoir assister à une séance déterminée" par une "déclaration écrite, motivée et adressée au président" de l’Assemblée. La sanction est une retenue sur les indemnités, du tiers si le député a participé "à moins des deux tiers des scrutins publics", des deux-tiers s’il a pris part à "moins de la moitié des scrutins".
Cette application d'une règle qui existe depuis 59 ans (au passage, c'est quand même du grand délire...encore une fois une règle décidée mais non appliquée) me semble tout simplement aller dans le sens des nouvelles pratiques politiques pour lesquelles plaide l'UDF-MoDem depuis longtemps et en particulier durant les dernières campagnes électorales. D'ailleurs, dans son programme, François Bayrou parlait de "vote personnel et public", ce qu'il détaille sur son site internet : "Je propose une règle simple : si l'on n'est pas là, on ne vote pas : pas de délégation de vote. C'est déjà la règle au Parlement Européen, où par ailleurs, si l'on n'est pas là, on n'est pas payé."
Alors, alors Monsieur Fillon s'étant prononcé contre cette proposition, Monsieur Sarkozy réagira-t-il, lui qui a toujours un avis sur tout ?
19:30 Publié dans Débats | Lien permanent | Commentaires (25) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, socialiste, ump, président, politique, députés, bayrou
19.06.2007
Le MoDem, cet emmerdeur... par Daniel Riot
Je vous conseille vivement la lecture de la note publiée par Daniel Riot sur son blog. Je l'ai copiée ci-dessous.
FRANCE: Le MODEM, cet emmerdeur... La Révolution Orange de Bayrou jouera son avenir cet été
Le sillon du MoDem : Une vraie révolution citoyenne, si…
Indépendamment de sa faiblesse parlementaire, le Mouvement Démocrate incarnera une force authentiquement « révolutionnaire » si François Bayrou tient son cap, creuse son sillon et muscle ses « cadres » qui doivent orchestrer ce qui est d’abord un choc culturel. « Plus rien ne sera comme avant », avait-il lancé le soir de son éviction des Présidentielles : l’épreuve de vérité commence dès maintenant…
Le MoDem, cet emmerdeur …
Preuve est faite depuis le début de cette année électorale : le MoDem est un emmerdeur. Pour la droite, pour la gauche, pour les Verts, pour les archéo-centristes et pour une grande partie des commentateurs politiques qui, en fait, sont plus des agents de conservation du système en place que des détecteurs d’évolutions, des esprits renifleurs d’un avenir par définition « écrit nulle part »…
Le MoDem, c’est quoi ? Une vraie rupture, au sens plein du terme. Ou plutôt une série de ruptures qui s’additionnent, se multiplient, s'entremêlent. C’est en cela que Bayrou a raison de parler de « Révolution ». Une Révolution sereine et calme mais qui peut marquer durablement l'Histoire. Une Révolution citoyenne et culturelle.
Rupture politique : Les « partis du centre » étaient condamnés, par notre système présidentialiste binaire, soit à s’excentrer, en « tombant à droite » soit à s’éventrer ou s’écarteler (la famille radicale le sait bien), en servant d’alibi aux fausses « politiques d’ouverture » à la droite ou à la gauche, en fonction des locataires de l’Elysée et de Matignon.
Depuis la fin du MRP (qui, lui, a su longtemps avoir deux yeux, deux oreilles, deux mains, deux pieds pour servir des valeurs de liberté, de résistance et de solidarité sociale), le Centre a d'abord été une réserve de « forces d’appoint », avec des « cocus de l’ouverture » sur des strapontins…
Un « milieu » où des « centristes » (« sangs tristes », écrivait Pasqua) guidés par les lampions des pouvoirs en place oubliaient trop que « modération » doit rimer avec « conviction » et non avec « dilution », « absorption », « renonciation »…Et non, surtout, avec carriérisme.
Edgar Faure, par ailleurs si riche de qualités, a eu tort de donner trop facilement bonne conscience à trop de grenouilles du marais centreux avec son constat d'observateur du ciel "Ce ne sont pas les girouettes qui tournent, c'est le vent"...
Fini le temps du "cul entre deux chaises" ou du centrisme borgne? Espérons. Voici le "centrisme " de la "troisième chaise" , comme dit Bayrou, et de la vue large et profonde? Espérons. Si non, le "nouveau tiers état" si bien analysé par Bayrou fera une autre Révolution, moins calme et moins sereine, et plus illusoire et périlleuse.
Le Centre central, « l’extrême centre révolutionnaire », a l’ambition de jouer le rôle d’un vrai …Centre, donc de pivot. D'un carrefour non d'un rivage de secours... « Se dire de droite ou de gauche, c’est prendre le risque de l’hémiplégie », souriait Raymond Aron, qui a eu si souvent raison contre Sartre et qui a été si mal compris par la droite et si défiguré par la gauche.
Rupture démocratique : « Le pire des régimes à l’exception de tous les autres », comme le constatait Churchill, est un jardin à cultiver en permanence. La démocratie ne se réduit pas à un mode de sélection d’élites plus ou moins représentatives, ni aux lois d’une majorité par définition changeante, ni en quelques campagnes électorales, ni à la convocation plus ou moins régulière des citoyens aux urnes, ni à la soumission à la dictature populiste des sondages, aux mirages médiatiques de l'info-spectacle, aux lois de cette "doxocratie" exploitée par une oligarchie masquée logiquement plus conservatrice et corporatiste que progressiste (qu'elle soit de droite ou de gauche) ...
" La République est une idée, la République est un principe, la République est un droit. La République est l’incarnation même du progrès'. Victor HUGO Choses vues>>>Elle est grille de valeurs non proclamées mais respectées : le Conseil de l’Europe vient de le rappeler opportunément dans le silence politico-médiatique qui caractérise tant cette France de l'autosatisfaction qui ne supporte pas le regard critique de ses voisins:"Il n'y a pas de démocratie authentique sans oppositions fortes et respectées"
>>>Elle est prise en compte réaliste des inévitables « rapports de force », non pour que les plus forts, les plus puissants ou les plus nombreux imposent leurs lois aux plus faibles, mais pour que les relations humaines reposent sur des valeurs partagées. Des valeurs qui ne prennent du sens que par le Droit quand se droit est mis au service de la Justice (ce qui loin d’être la règle commune). Des valeurs qui s'épanouissent quand on applique la recette de Monnet et Schuman:"Marier la nécessité et l'idéal"
>>> Elle exigence d’informations, de pédagogie, de débats, de « limages de cervelles », comme disait Montaigne.
Des informations? Oui mais qui ne s’apparentent pas à cette propagande, déclarée ou masquée, qui selon Noam Chomski, « est aux démocraties ce que la violence est aux dictatures ».
Des débats? Oui, organisés mais ouverts, qui ne se résument pas à des offices d’officines… « Quand tout le monde pense la même chose, c’est que personne ne pense », avait lancé Bayrou en rompant avec l’unanimisme cultivé artifciellement dans la coalition UMP… C'est dans cet esprit que Chantal Cutajar vient de lancer ses Conférences de Citoyens de Strasbourg
« Nos démocraties électives ne sont pas des démocraties représentatives », regrettait Paul Ricœur. C’est encore plus vrai dans la France d’aujourd’hui. Et cette « démocratie représentative » à reconstruire doit être intrinsèquement participative, délibérative, consultative, constructive. Vivante. Donc (ce n’est pas une évidence pour tout le monde) pleinement citoyenne.
Le constat de Jacques Derrida doit être, au MoDem, un vrai mot d’ordre, et une préoccupation permanente : « Etre démocrate, ce serait agir en reconnaissant que nous ne vivons jamais dans une société assez démocratique »…
Rupture éthique et morale : la démocratie élective telle que nous la pratiquons n’est qu’un mode de sélection des « élites ». La démocratie effective est d’abord une grille de valeurs. Des valeurs qui n’ont de sens que dans des actions qui les illustrent, les concrétisent les incarnent. Pour reprendre le mot que Chantal Cutajar a érigé en devise personnelle, ce qui doit être prioritaire, c’est « l’utile et le juste », deux mots indissociables en politique. Des mots qui ne sont ni de droite ni de gauche. Et qui reflètent bien la finalité du MoDem. L’une de ses raisons d’être, même. Avec ce que Bayrou incarne bien actuellement par ses rebellions pacifiques, son esprit de résistance, et sa ténacité : En politique, la morale ne doit pas se découper en tranches.
« Pour moi, morale et politique doivent être synonymes » confiait Pierre Pflimlin. Et, en politique, la morale doit précéder et dépasser le droit. Le « ré enchantement » de la politique passe par là. Par cette exigence. Et par cette pratique.
Rupture philosophique : La droite met en avant la Liberté, la gauche privilégie l’Egalité. Le Centre veut lier les deux. Par cette Fraternité sans laquelle Liberté et Egalité restent antagonistes, inconciliables. Par cette prise en compte de la Personne, cet individu reconnu comme porteur d’une transcendance, d’une « égale dignité », d’une « irréductible liberté » trop souvent réduit à une carte d'identité, à un numéro, à une etiquette, à un dossier, voire à une marchandise...
Ce n’est pas un hasard si Bayrou, porteur des valeurs du christianisme social, de l'esprit laïc et républicain et des idéaux que recouvre l'expression "principe d'Humanité", se recommande volontiers de Jacques Maritain et des philosophes dits « personnalistes ». Des philosophes trop oubliés, y compris dans les facs de philo où la mode reste à d’autres courants de pensée qui à force de décortiquer le nihilisme finissent par le propager. Et qui ont tant contribué à ce que Finkielkraut appelait voilà près de quinze ans « la défaite de la pensée ». Une défaite accentuée par le primat de l’image sur le mot, du paraître sur l’être, du virtuel sur le réel.
Ce retour en politique du personnalisme implique une « déconstruction », selon l’expression de Jacques Derrida, de ce que recouvre cet « humanisme » plus proclamée qu’analysé et des « doxa » du XX ième siècle. Le « Centre central » implique une philosophie du doute, du questionnement, de l’interrogation. « Une philosophie érigée en système cesse d’être philosophique », soulignait Paul Valéry.
Il implique aussi une philosophie d'action qui donne la priorité à une finalité claire: améliorer le bien-être de la communautés des femmes et des hommes, un bien-être qui doit être élargi au plus grand nombre et être durable, au-delà du présent. "Un politicien pense aux prochanes élections, un homme d'Etat pense aux prochaines générations". Nous manquons d'Hommes d'Etat.
Il implique encore et surtout peut-être une philosophie qui repose sur la perfectibilité de l'Homme et de la Société. "La seule perfection de l'Homme, c'est sa perfectibilité", disait André Neher. On n'y songe pas assez. Comme on oublie trop, croyant ou non, le mot de Bernanos:'Les seules mains de dieu, ce sont les nôtres".
Rupture économique : La droite privilégie l’efficacité, la compétitivité, la production de richesses. La gauche donne la priorité à la qualité de vie partagée, à la solidarité, au partage des richesses (même inexistantes). Le Centre veut agrandir le gâteau pour mieux le partager. Comment ? En repensant le libéralisme économique, trop diabolisé à gauche, où l’on oublie que LIBERAL vient de « Liberté », et trop caricaturé à droite où l’on oublie que « la main invisible » ne régule le marché que si des règles du jeu précises et bien lisibles sont respectées. Et que l'argent les valeurs marchandes ne sont que des moyens, non des fins. Le capitalisme n'est pas un cannibalisme.
Rupture sociale : Pour la droite, le « social » reste de l’ordre compensatoire du caritatif, de la charité. Pour la gauche, il demeure de l’ordre protecteur de l’étatisme et de l’assistanat. Pour le Centre, le social s’inscrit dans l’ordre de la Justice, allie protection et promotion et devient la finalité même de l’efficacité économique. « Remettre l’Homme, le principe d’Humanité, au cœur de toute action » : ce n’est pas un vœux pieux. C’est un programme d’action.
Rupture programmatique : A droite comme à gauche, on a pris l’habitude (comme dans les programmes scolaires et universitaires, d’ailleurs) de découper les problèmes en tranches, les champs d’activités en parcelles, les politiques en secteurs. Le temps des cases, des étiquettes, des rayonnages, des oeillères, des frontières intellectuelles, des « spécialistes », des « experts »…
Tout ne doit évidemment pas être dans tout n’importe comment : c’est l’évidence. Le niveau des connaissances, la variété des activités, la diversité des problèmes à régler et des défis à relever imposent des classements, des rangements, des spécialisations. Mais le politique, par définition, pour reprendre une métaphore d'Edgar Pisani, est un médecin généraliste : il doit s’occuper de l’ensemble du corps social, de tout l’organisme, et non d’un ou de quelques organes…
Un programme politique ne doit donc pas être un catalogue de mesures, de promesses, d’engagements. Il doit d’abord être un projet cohérent, avec la prise en compte de données verticales et horizontales, de dimensions qui s’imposent dans tous les secteurs et à tous les niveaux.
C’est ce qui a fait la véritable originalité du « projet présidentiel » de Bayrou, une originalité bien mal mise en relief par des commentateurs trop figés dans des schémas dépassés. Une originalité qui ne l'a pas condamné aux oubliettes avec sa non-réussite électorale. Lier l’économique, l’écologique et le social. Tenir compte de la dimension européenne dans tous les domaines. Placer l’éducation au cœur de toutes les actions. Globalité et cohérence. Avec des modalités définies en fonction des finalités. C’est cela, entre autres, la social-économie (plus chargée de sens et d’avenir que la social-démocratie), l’éco-économie, la « démocratie sociale »…
Rupture étatique : Les débats entre le « trop d’Etat » déploré par la droite et le « Plus d’Etat » toujours réclamé par la gauche sont dépassés : c’est l’art et la manière de construire un « Mieux Etat », selon la formule d’Edgar Pisani, qui importe.
Quel beau chantier ! Au-delà des frontières fatalement mouvante entre le « public » et le « privé » qui ne doivent en aucun cas se décider par décrets, ce chantier engage toutes les forces vives du pays. Et il touche les différentes formes de fonctions publiques, les découpages administratifs, les structures nationales, régionales et locales, la mise en place d’une « société civile organisée », le soutien au tissus associatif…Sans oublier les auxiliaires indispensables à un Etat plus « éclaireur » et « stimulateur » que gestionnaire : les structures de consultation, de coordination et d’anticipation …
Quel crime d’avoir tué le Commissariat au Plan crée par De Gaulle et Monnet ! Quelle faute d’avoir réduit le rôle et les moyens de l’Aménagement du territoire ! Quelle bêtise d’avoir transformé le Conseil économique et social en « placard à sucettes » ! Quelle lacune de ne pas avoir un Observatoire du futur chargé d’évaluer les conséquences directes et indirectes des lois décidées ! Quelle honte de ne plus avoir (les fonctionnaires n’en sont pas responsables) les thermomètres indispensables aux prises de température des prix, de l’emploi, du chômage…
Ce « Mieux Etat » implique également un assagissement de notre délire législatif et de notre étouffoir bureaucratique et technocratique. Il implique surtout un retour aux principes de base définis par ce cher Montesquieu, plus cité que suivi : la séparation des pouvoirs est en France aujourd’hui plus de type russe que de type américain…
Rupture sociétale : Pour la droite, le temps de la « luttes des classes » est terminé alors que tout est mis en œuvre pour que le slogan de Guizot « enrichissez-vous » ne profite qu’aux plus nantis… Pour la gauche, la lutte essentielle demeure celles des opprimés contre les oppresseurs.
Pour le "Centre central", le « Vivre ensemble » se fondant sur le respect de la Personne repose sur le dépassement des tatouages sociaux par une « démocratie sociale » à approfondir en permanence. Par la prise en compte et non de gommage ou la hiérarchisation des différences. Par le refus des idéologies, des comportements, des réflexes qui, selon la formule de Finkielkraut, transforment « la culture de l’Autre en négation de l’Autre »
Autant dire que Bayrou a tout a fait raison de parler de « révolution citoyenne » en évoquant les objectifs du MoDem. Une révolution qui est d’abord d’ordre culturel. Changement des modes de penser et d'agir. Refondation de la démocratie...dans les têtes. Et dans les faits!
>>>C’est ce qu’a bien compris… Nicolas Sarkozy qui voudrait le tuer dans l’œuf. En ne se privant pas de piller (comme le PS, d'ailleurs) quelques pièces détachées du "moteur du MoDem". Des pièces détachées qui perdent évidemment de qualité et de leur utilité quand on les greffe sur d'autres concepts et d'autres conceptions...Surtout avec une UMP qui redeviendra vite une coalition hétéroclite "complexée" dès que les réflexes bonapartistes du moment se seront émoussés...
>>>C’est ce que n’ont pas compris les ex-udf qui par vagues successives ont quitté ou trahi le « paquebot Bayrou », par opportunisme politicien, par calcul alimentaire, par peur de devoir assumer concrètement deux mots chargés d’exigences : Indépendance et Liberté.
"Penser Libre", ce n'est pas simple... "De la servitude volontaire": La Boétie à rééditer...
>>>C’est ce que n’ont pas compris tous les responsables du PS en panne d’idées novatrices, prisonniers des poussières structurelles accumulées depuis... 1905, des pesanteurs accrue depuis ...1920, de la domination intellectuelle de "la gauche de la gauche", de la non révision d'Epinay, des virus des utopies de l'echec.
Pris de vitesse par des évolutions sociales et sociétales qu'ils n'ont pas vus venir, les éléphants en sont à courir après une social-démocratie déjà modernisée par les vrais sociaux-démocrates européens, ceux qui n'ont pas le complexe du "social-traitre". "Le train fantôme Vichy-Moscou", pour reprendre une expression co-produite avec Philippe Sollers, n'a pas fini de traverser nos villes...et nos partis de gauche et de droite.
>>>C’est ce que n’ont pas (encore) compris nombre de politologues et autres commentateurs qui font leurs analyses « le nez dans le guidon ».
>>> C’est, surtout, ce qui explique que le MoDem prend vie dans l’enthousiasme des militants qui le rejoignent en nombre et dans l’angoisse des notables de la politique en place.
Pour eux, le MoDem est un emmerdeur qui brouille les cartes, fait bouger les lignes, secoue le paysage politique, bouscule tout. Un emmerdeur qui le sera plus encore si ce MOUVEMENT DEMOCRATE sait vraiment rompre avec cette cacophonie, cette insuffisance de rigueur et cette mollesse internes qui faisaient la faiblesse de l’UDF. S'il sait éviter les pièges dans lesquels sont tombés le PS et les Verts...S'il sait muscler son positionnement encore trop perçu (à tort) comme celui d’un distributeur de bons et de mauvais points.
Avec ces "si", le Mouvement démocrate va devenir une force incontournable de contestations, de mobilisation et surtout de propositions, indépendamment de la faiblesse (temporaire) de sa représentation parlementaire.
La réussite du MoDem se jouera d’abord sur son aptitude à devenir un parti d'un type effectivement "nouveau", un parti de citoyens ou plutôt de militants d’une citoyenneté active, et non de petits notables aux ambitions d’apparatchiks, de maîtres de chapelles ou de ce que de Gaulle nommait "politichiens".
François Bayrou porte un projet trop chargé de vraies espérances pour se permettre de décevoir. "Le MoDem de toutes nos forces": c'est la grande bataille de l'été.
Daniel RIOT
13:20 Publié dans Débats | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Modem, PS, UMP, sarkozy, bayrou, libre, politique
07.06.2007
Pollution de l'air
Depuis que je suis parisienne - un peu plus d'un an - j'ai fait plusieurs bronchites / rhumes...si ma mère me lit, elle va me dire "mais c'est normal, tu fumes"...oui Maman mais je fumais avant également...bref, ma conviction est faite depuis longtemps, ces petits problèmes respiratoires ne peuvent qu'être dûs à la pollution de l'air parisien !
Et ce matin, après un collage d'une heure dans le XIVè, je prends ma ligne 13 pleine à craquer, avec le Parisien en lecture...et ce que j'y ai lu m'a confortée mais surtout déprimée...En voici la copie :
Ce qu'on vous cache sur la pollution en Ile-de-France - Charles de Saint Sauveur (avec Michel Valentin)
Pendant huit mois, un bureau d'études indépendant a planché, à la demande de l'association Ecologie sans frontière, sur la pollution en région parisienne. Les résultats, que nous dévoilons en exclusivité, sont édifiants. Les risques seraient sous-évalués.
FAUDRAIT-IL s'arrêter de respirer ? A lire l'enquête, que nous publions en exclusivité aujourd'hui, les Français ont vraiment de quoi s'inquiéter : les risques encourus par la population de l'agglomération parisienne seraient complètement sous-évalués. Pendant huit mois, un bureau d'études indépendant (Horizons), missionné par l'association Ecologie sans frontière (ESF) a planché sur la pollution atmosphérique en Ile-de-France en passant notamment au crible des milliers de données existantes. Edifiant.
Polluants non surveillés
Comme le rappelle ESF, 54 % des Français ne font pas confiance à l'information délivrée par les pouvoirs publics sur la qualité de l'air. Gageons qu'ils seront encore moins nombreux. Car, d'après l'étude, « l'air ambiant de l'agglomération parisienne est pollué par une mixture de substances qui ne font pas toute l'objet d'une réglementation. Certains polluants sont insuffisamment, voire pas du tout surveillés », détaille Franck Laval, le président de l'association. Mis sur la sellette, Airparif, l'association qui mesure la qualité de l'air francilien (avec l'indice Atmo) prétend pourtant le contraire : « Tous les polluants que les normes françaises et européennes exigent de surveiller le sont. Nous allons même au-delà de la réglementation en étudiant les dioxines, les suies ou les pesticides », se défend Karine Léger, porte-parole d' Airparif . Mais, pour ESF, le problème vient d'un inventaire obsolète des polluants. « Il est trop ancien et incomplet. Il ignore certains phénomènes, comme les polluants secondaires, formés par la combinaison de substances émises dans l'atmosphère », poursuit ESF, qui prédit une « multiplication des pics de pollution dans les prochaines années ».
Le dioxyde de carbone baisse, l'ozone explose
Récemment, la mairie de Paris a annoncé triomphalement que la pollution au CO2, le dioxyde de carbone, a baissé de 9 % ces dernières années. Et c'est vrai : certains polluants sont en voie de diminution (le dioxyde d'azote, grâce à l'amélioration des pots d'échappement) ou de disparition (le soufre, grâce à la mise aux normes des sites industriels). De même, les grosses particules, émises par les moteurs Diesel antiques, se sont nettement estompées. En revanche, ESF tire le signal d'alarme au sujet de polluants, dopés par la croissance du trafic aérien et routier : les composés organiques volatils, les métaux lourds (nickel, arsenic, mercure) crachés par les incinérateurs... Pire encore, l'ozone, qui résulte de la combinaison de plusieurs polluants et de la chaleur, aurait vu ses niveaux augmenter de 64 % depuis 1996... « Avec le réchauffement climatique, l'ozone va devenir un vrai problème de santé publique. Avec des seuils d'alerte plus conformes à la réalité, nous aurions eu des pics à l'ozone quinze jours en mars et autant en avril. Ce sera sans doute aussi le cas aujourd'hui et vendredi », note Franck Laval. Selon la Commission européenne, « l'ozone causerait quelque 21 000 décès prématurés en 2020 ».
Des seuils d'alerte trop bas
Mais l'attaque la plus saillante concerne les seuils d'alerte « beaucoup trop élevés pour être crédibles ». ESF pointe notamment l'absence « navrante » de surveillance de l'air dans les sites très fréquentés par le trafic automobile ou aérien, où vivent des centaines de milliers de Franciliens. Airparif le reconnaît d'ailleurs à demi-mots, mais promet d'y remédier, comme l'y incite un projet européen qui associe une vingtaine de métropoles. Autre critique majeure : les particules fines, émises par les moteurs Diesel, qui représentent 55 % du parc automobile français, ne font l'objet d'aucune réglementation. « Les pouvoirs publics, influencés par le lobby automobile, affirment que le diesel pollue moins grâce aux améliorations technologiques, mais c'est faux : les particules sont de plus en plus fines et s'infiltrent dans nos alvéoles. Ce sont les plus nocives », poursuit Franck Laval, qui demande l'interdiction des véhicules diesels en ville. Son association a lancé sur son site (www.ecologiesansfrontiere.org) une pétition qui a recueilli 10 000 signatures, et qui pèsera lors du Grenelle de l'environnement, qui réunira en octobre le gouvernement et les principales associations écologistes.
Vous pouvez trouver sur le site d'Ecologie Sans Frontière, signée à ce jour par 10 000 personnes dont Yann Arthus Bertrand et un certain nombre de professionnels de santé spécialistes des problèmes respiratoires, une pétition contre la pollution de l'air.
09:45 Publié dans Débats | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ecologie, Yann Arthus Bertrand, Pollution, Air, Paris, mouvement démocrate, sarnez



