21.11.2008

S'allier pour gouverner ?

Il paraît que Royal veut des alliances avec le MoDem et qu'Aubry n'en veut pas.

C'est ce qu'on entend partout et c'est ce qui explique le ralliement de Benoît Hamon.

Pourtant, la maire de Lille a fait alliance avec la liste MoDem au 2nd tour des élections municipales et travaille avec ses représentants.

Mais ce qu'on ne dit pas, ou peu, c'est que la motion E ne parle pas réellement d'alliance avec le MoDem. Non,  Ségolène Royal annonce qu'elle ne souhaite pas se priver des "électeurs qui disent ne se situer ni à gauche ni à droite" mais ne parle jamais ou peu d'une alliance avec le MoDem. (à revoir Ségolène Royal et le MoDem).

Et d'ailleurs, que veut le MoDem ? Personnellement, en tant que militante, je dis à qui veut bien l'entendre que nous devons discuter  avec notre gauche, parce que  nous avons clairement des points de convergence (et pas seulement en ce qui concerne l'impartialité de l'Etat ... cf. la retraite à 70 ans, le travail le dimanche). Bien plus à mon sens qu'avec l'UMP en l'état actuel de la politique gouvernementale.

Je dis cela partant du principe que la vie politique française est telle que nous ne pouvons pas nous permettre de refuser toute alliance ... mais que nous devons également avoir un souci de cohérence : revivre les élections municipales où l'alliance se faisait dans la cacophonie, au coup par coup, est un cauchemar que je ne souhaite pas revivre en tant que militante MoDem. Je préfèrerai encore qu'on reste indépendant quitte à avoir moins d'élus.

François Bayrou a lui refusé de s'inscrire dans une discussion avec le Parti Socialiste : "Très loin de moi l'idée de vouloir revenir ou aller à des pratiques du type 'programme commun', où on passe son temps à des négociations d'appareils".

 

Finalement, j'ai la conviction que Ségolène Royal n'en a absolument rien à cirer de l'appareil partisan du MoDem mais qu'elle souhaite tout bonnement prendre l'espace des démocrates en parlant à leur électorat.

De mon point de vue d'observatrice, je trouve ça très bien joué, même si elle court le risque de perdre (si ce n'est pas déjà fait) une bonne partie de la gauche du PS.

En tant que militante MoDem, je suis inquiète. Inquiète parce qu'aujourd'hui, si nous sommes bien identifiés comme opposants à Nicolas Sarkozy et son gouvernement sur la majorité de ses réformes, je ne vois pas où est notre projet et les personnes qui le portent. Alors si bien sûr, nous préparons notre projet européen et je fonde de grands espoirs dans cette élection. Mais au delà de cela, serons-nous assez nombreux à être visibles et solides pour proposer un projet cohérent et être assez forts pour GAGNER en 2012 et diriger le pays?

Alors, si on ne veut pas voir notre électorat "siphonné", il faudra bien que nous changions "les visages et les pratiques".

20.11.2008

Tiercé gagnant

hamonaubryroyal.jpgJuan nous propose de faire nos pronostics pour le résultat du vote socialiste qui aura lieu ce soir.

Mathématiquement, la motion A de Bertrand Delanoë ayant rallié la motion D de Martine Aubry, cette dernière part avec un avantage.

Maintenant, plusieurs facteurs viennent perturber ce pseudo calcul.

D'abord, je parie sur le fait que nombre de "Delanoïstes" (comment on dit ?) ne soient pas près à voter avec et pour les Fabiusiens. Et dès lors à détourner leurs suffrages sur la motion E portée par Ségloène Royal et Vincent Peillon.

Ensuite, je m'interroge sur l'effet que pourra avoir le TSS affiché sans complexe. Si j'étais militante socialiste, je crois que ça me motiverait encore plus pour voter pour la motion E.

Enfin, et comme je l'ai dit dans une note précédente, je crois que Royal et son équipe représentent une vraie rupture dans l'histoire du PS. Rupture avec les éléphants qui soutiennent Aubry, rupture avec les méthodes éléphantesques des soutiens d'Hamon.

Je pense donc que Royal a de bonnes chances de remporter la mise.

Mon tiercé sera donc :

1) Royal

2) Aubry

3) Hamon

 

17.11.2008

Grande nouvelle ! Le PS a gagné les élections en 2007 !

... Ben, oui, il suffit d'écouter Fafa pour s'en convaincre :

 

"Il y a un point sur lequel les congrès socialistes n’ont jamais transigé, c’est la nécessité de l’ancrage à gauche, et ce point-là n’est pas discutable entre nous. Pourquoi ? Chers camarades, parce que tout simplement il s’agit de notre conviction profonde et parce qu’il s’agit de la seule stratégie gagnante." - Laurent Fabius, 15 novembre 2008, Congrès de Reims

Outre l'absurdité du propos (ben oui, cette stratégie est perdante depuis un paquet d'années ... en particulier depuis que le PCF n'existe plus chute dans les suffrages), je trouve cet autisme affligeant. Finalement, comme le dit l'Hérétique dans un excellent billet, "EUX, veulent faire comme ils ont toujours fait, et peu importe que la maison brûle".

Face à cet immobilisme et ce "plutôt crever que de s'allier au MoDem", Ségolène Royal répond à ces tenants de la bonne morale socialiste, dans un discours, très limite sur la forme (surtout au début) mais très bon sur le fond :

"Sommes-nous donc si faibles (...) que la seule idée d'une alliance éventuelle dans trois ans nous jette hors de nous-mêmes, alors que certains parmi les plus enflammés la pratiquent chez eux?" (...) "S'il faut aller chercher chez les électeurs qui disent ne se situer ni à gauche ni à droite (...) faut-il nous en priver?". Le fichier Edvige, le service public, la laïcité, "ça ne vaut pas un combat de tous les républicains?". "Faudra-t-il demander à tous ceux qui nous rejoindront (...) un passeport de moralité socialiste?" (...) "Un nouveau front populaire, ça ne vous tente vraiment pas?"


Pour ma part, je suis persuadée, comme Hervé, qu' "il va bien falloir qu'on discute et qu'on définisse des points communs pour battre la droite", "la droite la plus infecte qu'on ait eue en cent ans".

Enfin, au delà du choix de l'alliance, se pose une autre vraie question aux militants socialistes : voter pour ou contre un vrai renouvellement de génération.

Soyons clairs, derrière Aubry, d'autant plus depuis le ralliement de Delanoë, il y a ces bons vieux pachydermes (déjà ministres quand je suis née ... il y a 27 ans - Jospin, Fabius, Mauroy - ou aux manettes du PS depuis 11 ans et ayant fait la preuve de leur immobilisme - Hollande, Ayrault, Cambadelis).

Derrière Hamon, qui pourrait passer pour un jouvenceau, c'est le MJS. Des jeunes certes mais qui connaissent déjà bien les bonnes vieilles méthodes de verrouillage d'un appareil (en tête, Razzy Hammadi, ex-président des MJS, Secrétaire national à la Riposte - si quelqu'un l'a entendu riposter, prévenez-moi !! et ex-candidat, parachuté avec une bonne partie de ses petits copains MJS, aux municipales à Orly).

Derrière Royal, ben je veux pas dire, mais ça sent un peu moins la naphtaline ! David Assouline, Manuel Valls, Najat Valaud-Belkacem, Aurélie Filipetti, Delphine Batho et Vincent Peillon, c'est quand même autre chose. A écouter d'ailleurs, l'excellent (je pèse mes mots) discours de ce dernier prononcé ce week end.