31.07.2007

Absentéisme parlementaire

Guy Carcassonne, membre du comité de réflexion sur la réforme des institutions, professeur des universités en droit public (Nanterre et Science po), a proposé, le 23 juillet dernier sur France inter, d'appliquer une sanction financière aux députés qui qui ne seraient pas présents en session parlementaire au moins deux jours par semaine.

Ainsi, il estime qu' "avec les moyens électroniques dont on dispose aujourd’hui, les députés peuvent parfaitement et facilement être badgés, cela existe dans tout un tas d’entreprises, et ceux qui ne seront pas présents deux jours par semaine en session, bien sûr devront avoir des retenues sur salaires significatives", d'autant que cette sanction existe dans le réglement de l'Assemblée depuis 1948 !!!!

  1. Selon l’article 42, l’absence d’un député en commission ne peut être justifiée que par un "empêchement insurmontable". Si un député a été absent à plus d’un tiers des séances, la sanction est sa "démission" de la commission.
  2. Pour les séances publiques, l’article 162 prévoit que "les députés peuvent s’excuser de ne pouvoir assister à une séance déterminée" par une "déclaration écrite, motivée et adressée au président" de l’Assemblée. La sanction est une retenue sur les indemnités, du tiers si le député a participé "à moins des deux tiers des scrutins publics", des deux-tiers s’il a pris part à "moins de la moitié des scrutins".

Cette application d'une règle qui existe depuis 59 ans (au passage, c'est quand même du grand délire...encore une fois une règle décidée mais non appliquée) me semble tout simplement aller dans le sens des nouvelles pratiques politiques pour lesquelles plaide l'UDF-MoDem depuis longtemps et en particulier durant les dernières campagnes électorales. D'ailleurs, dans son programme, François Bayrou parlait de "vote personnel et public", ce qu'il détaille sur son site internet : "Je propose une règle simple : si l'on n'est pas là, on ne vote pas : pas de délégation de vote. C'est déjà la règle au Parlement Européen, où par ailleurs, si l'on n'est pas là, on n'est pas payé."
 

Alors, alors Monsieur Fillon s'étant prononcé contre cette proposition, Monsieur Sarkozy réagira-t-il, lui qui a toujours un avis sur tout ?

17.05.2007

Hello, Goodbye...

medium_chirac-sarko.2.jpg17 mai 2007, 2è jour du quinquennat de Nicolas Sarkozy...

Quelques mots de mes impressions sur cette passation de pouvoir.

Tout d'abord, je dois bien avouer que voir Jacques Chirac partir m'a quelque peu touchée, moins pour son bilan que pour l'image du grand-père que l'on croit éternel.

Néanmoins, je ne suis pas dupe du tout, Jacques Chirac n'a pas tenu ses promesses de 1995 : il n'a pas réduit la fracture sociale, il n'a pas fait grand chose pour l'Europe, restant cet Européen frileux qu'il a toujours été.

Il a encore moins tenu ses promesses de 2002, en particulier celle du soir du 2è tour, place de la République : "Dans les semaines, dans les mois et dans les années à venir, j’aurai besoin de vous pour conduire la République et défendre ses valeurs." Il aurait dû faire l'ouverture, il n'a fait que confirmer ses copains et ses coquins afin de renforcer l'Etat-UMP.

Je ne vais pas parler des "affaires" où ses lieutenants auront payé pour lui (en vrac : marchés publics d'Ile-de-France, emplois fictifs de la Mairie de Paris, financement du RPR...entre autres)

Malgré tout, son bilan n'est pas complétement négatif et je retiendrais : sa prise de position contre la guerre en Irak, la suppression du service militaire, la lutte contre le cancer, son intransigeance avec l'extrême-droite, la baisse du chômage (?)

 

Concernant Nicolas Sarkozy, j'avoue que je suis plus dans le procès d'intention que dans le crédit d'intention.

Malgré tout, la journée d'hier m'a également touchée : on sent que l'homme est sincère quand il applaudit Jacques Chirac et quand il rend hommage aux 35 résistants fusillés le 16 août 1944.

J'apprécie également que son premier déplacement soit pour l'Allemagne où il a évoqué "l'urgence européenne". Reste à savoir ce qu'il fera pour relancer notre Europe, mais le geste me plait.

J'attends de voir ce que Nicolas Sarkozy et François Fillon (qui vient d'être nommé Premier Ministre) vont faire et comme le dit François Bayrou, nous serons bienveillants mais vigilants "à l'égard de ce qui va être décidé, à l'égard des décisions, des orientations et des choix qui vont être faits pour notre pays".

06.05.2007

Qui a dit ?

«Je serai un président comme Louis de Funès dans le Grand restaurant : servile avec les puissants, ignoble avec les faibles. J'adore. »

...Réponse : notre nouveau président, dans la piscine d'un hôtel chic à la Réunion, pendant la campagne.

 Bravo, ça commence bien.